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Amérique prédatrice: quelles conséquences pour la Suisse

Un rapport du Sénat de 2007 révèlait que le renseignement américain avait embauché près de 20% de sous-traitants privés de plus suite aux attentats de 2001. (Photo : Siège de la National Security Agency, Maryland.)A la lecture de l'article ci-dessous publié par Zone Militaire qui se base sur le Washington Post, on peut (doit?) légitimement (pour ceux qui n'auraient pas encore saisi la gravité de la situation) commencer à se poser des questions sur les USA mais surtout sur nous-mêmes.

Que les Américains agissent comme ils le font et qu'ils aient une forte tendance à être plus craints, qu'aimés et respectés, cela les regarde. Ne dit-on pas d'ailleurs que les USA n'ont ni amis ni alliés, mais que des intérêts, des vassaux et des ennemis? Et dire que l'on accuse toujours les Chinois d'être les vilains ?!

En fait ce n'est que la propagande américaine qui est meilleure, mais les descendants de Davy Crockett pourraient bien être, et de loin, les premiers de classe en matière de pillage organisé.

Mais au-delà de cette raillerie facile, ce qui est important, c'est d'en tirer les enseignements en Suisse afin de protéger NOS intérêts face à ce rouleau compresseur et à tous les autres qui ne font pas non plus dans la dentelle. Et ce n'est pas notre secteur financier qui va nous contredire. Pourquoi nos services de renseignements sont-ils si faiblement dotés? Pourquoi nos entreprises clé ne sont-elles pas aidées comme il convient ? Pourquoi, pourquoi, .. ? Qu'est-ce que nous faisons de faux dans ce monde complexe, hautement dynamique et instable ?
 
Ah, au fait, soyez gentil: à la fin de vos conversations téléphoniques ou en bas de vos email, faites comme nous, dites gentiment "et un grand bonjour à tout ceux qui nous écoutent / nous lisent ". Le gars au bout qui prend des notes se sentira moins seul ...
 
VEG
 


 
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Révélations sur le budget du renseignement américain


30 août 2013 – 14:33

Chaque année, l’on connaît le budget global des 16 agences de renseignement américaines. Ainsi, pour l’année 2013, son montant s’est élevé à de 52,6 milliards de dollars, auxquels il faut encore ajouter les 23 milliards que le Pentagone consacre pour des activités ayant un rapport avec ses opérations extérieures.

Déjà à l’origine des fuites concernant le programme PRISM, conduit par la National Security Agency pour laquelle il a travaillé, le consultant américain Edward Snowden a également transmis à la presse – en l’occurrence le Washington Post – le document donnant la répartition de ce budget entre les différentes agences de renseignement.

Pour la première fois, donc, l’on peut avoir une idée précise de l’activité de la communauté du renseignement américaine. Ainsi, l’on apprend qu’elle emploie 107.035 personnes, dont 23.400 militaires, le reste étant des civils, dont 21.800 contractuels. Sur ces effectifs, 35.000 travaillent dans le secteur de la cryptographie (ou chiffrement pour les puristes), essentiellement à la NSA.

Cette dernière compte également 600 pirates informatiques, appartenant à une unité dite TAO (Tailored Access Operations, opérations d’accès sur mesure), basée à Fort Meade (Maryland) et dont la mission est de pénétrer les systèmes informatiques 24 heures sur 24. Son existence avait été évoquée en juin dernier par Foreign Policy, selon qui elle aurait réussi à infiltrer les réseaux officiels chinois depuis plus de 15 ans.

Alors que la NSA est dans l’œil du cyclone pour son programme PRISM et d’autres activités d’espionnage récemment dévoilées par la presse, l’on apprend qu’une ligne de crédits de 278 millions de dollars a été ouverte en 2013 afin de pouvoir installer du matériel de surveillance sur les équipements de télécommunication tout en achetant le silence des câblo-opérateurs ou des acteurs d’Internet. Le flux d’informations recueillies est tel que l’agence a prévu un programme pour en trier le bon grain de l’ivraie.

Le budget de la NSA est l’un des mieux doté, avec 10,8 milliards de dollars, soit un montant supérieur de 53% à ce qu’il était il y a près de 10 ans. Bien évidemment, la CIA arrive en tête, avec une enveloppe de 14,7 milliards (+56%), dont 2,8 milliards sont prévus pour financer les opérations clandestines. Viennent ensuite la NRO (National Reconnaissance Office) et la National Geospatial-Intelligence Agency, toutes les deux spécialisées dans le renseignement via satellites, avec respectivement 10,3 et 4,9 milliards de dollars.

Toujours d’après les informations du document partiellement diffusé par le Washington Post (une partie a en effet été “caviardée” pour des raisons de sécurité nationale), l’on apprend que les agences américaines ont 5 priorités. La première de toute est de permettre aux responsables d’anticiper le évènements pouvant être critiques, comme les tensions géopolitiques, économiques et sociales. Près de 65% du budget y sont consacrés. L’anti-terrorisme est la seconde priorité, suivie par la contre-prolifération d’armes illégales, les opérations dans le cyberespace et le contre-espionnage. En réalité, ces missions peuvent être liées.

Cependant, malgré des moyens très importants – moyens qui ont permis de doter les drones Predator de la CIA de “capteurs biométriques capables de confirmer l’identité et la localisation d’agents d’Al-Qaïda”, selon le Washington Post, et cela pour les frappes ciblées – le renseignement américain peine à obtenir des informations dans plusieurs domaines, comme par exemple les programmes nucléaires nord-coréen et pakistanais.

Pourtant, ce n’est pas faute d’essayer étant donné que Pyongyang fait l’objet d’une surveillance permanente afin de détecter toute activité suspecte, via l’imagerie infrarouge, des photographies, des analyses d’échantillon d’air, etc… Au total, il y aurait ainsi 50 “angles morts”, dont la menace d’armes NRBC provenant des ex-pays de l’Union soviétique ou encore les progrès chinois en matière d’aviation de combat. Cela étant, comme le document évoqué par le Washington Post visait à demander des crédits au Congrès, l’on peut supposer que les agences américaines aient noirci le tableau afin de maintenir leurs crédits.

Ces derniers devraient de toute façon baisser en 2014, après avoir totalisé près de 500 milliards de dollars depuis 2001. Cette tendance est déjà amorcée puisqu’en 2012, le budget dédié au renseignement s’était élevé à 55 milliards de dollars. Pour 2014, il est question de le porter à 48,2 milliards. Et ce sera la même chose pour le Pentagone (retrait d’Afghanistan oblige), étant donné qu’il consacrera 9 milliards de dollars en moins pour ses activités de renseignements d’utilité opérationnelle.

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