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L'initiative du GSsA, un but raisonnable - Le Temps, 12.08.2013

Le Temps a-t-il perdu le Nord?
 
En tout cas voici un très bel exemple de libéralisme outrancier. Après le slogan phare de mai 1968 "il est interdit d'interdire", voici qu'un professeur de théorie économique nous la sert "il est interdit d'obliger". Mais quand on le suit, on s'aperçoit rapidement qu'il ne s'agit plus de libéralisme, mais de libertarisme, de liberté absolue basée sur la négation du principe d'autorité. C'est avec ce genre de théorie que l'on en vient à déshabiller l'Etat et que certaines branches économiques nous ont amené, dans le plus profond mépris de l'Etat et du bien commun et au nom du profit tout puissant, à la crise financière de 2008 dont nous ne sortons pas et qui pourrait bien un jour prochain déclencher des choses très désagréables.
 
N'en déplaise à ce professeur (qui "fait autorité"...), l'obligation de servir est justifiée. Car sans les ressources humaines de ses instruments de sécurité, l'Etat n'est plus en mesure de remplir ses tâches de sécurité au profit de la société et donc de l'économie.
 
S'agissant des 22'000 hommes que le Conseil fédéral aurait déclaré comme suffisant, il s'agit uniquement du noyau de compétence "défense" (ou pour la guerre classique). Quid de toutes les autres tâches d'aides aux autorités civiles? Il est navrant qu'un intellectuel de ce renom joue à ce point avec les chiffres pour leur faire dire ce qui l'arrange.
 
Surtout il est navrant que de tels arguments soient développés sans prendre en compte le contexte général. Car malgré cette prime d'assurance, notre Pays reste parmi les meilleurs et les plus performants. Nous contestons donc vivement les conclusions négatives qui sont tirées de l'analyse des coûts financiers et humains de notre armée. Au mieux, les autres pays peuvent-ils nous donner des leçons "comment faire faillite en 10 leçons". Il est d'ailleurs assez cocasse que ce genre d'argument soit utilisé en comparant implicitement la Suisse avec ses voisins qui devraient, si on suit ce raisonnement, faire bien mieux que nous. Pourtant c'est le contraire qui se passe. Cherchez l'erreur !
 
Et puis l'étudiant de 2013 est-il plus fragile que celui de 1990 qu'il ne puisse accomplir ses obligations sans risque pour  sa carrière? Sur quoi ce professeur de théorie économique se base-t-il pour prétendre qu'un armée de 50'000 suffirait? Comment, lui qui soutient l'existence d'une armée, pense-t-il l'alimenter avec le seul volontariat? D'où tire-t-il son chiffre de 2'500 volontaires par an alors que les femmes, qui représentent plus du 50% de la population, ne nous fournissent que 100 volontaires (Merci à celles-ci) par an ? Avec un effectif de 50'000, il faudrait alors 20 ans pour constituer cette armée, en faisant l'hypothèse que tous ces citoyens acceptent de servir aussi longtemps alors que les autres ne lèvent pas le petit doigt.
 
Nous laisserons les lecteurs découvrir cette prose. Force est malheureusement de constater que voilà un expert de plus des questions militaires et de défense qui s'exprime sans rien savoir sur le sujet. Le Temps nous avait habitué à mieux. Dommage.



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